Traduction de l’article
Vendredi 17 juin 2011
Malam de retour à la London Fashion Week
Nous avons retrouvé Emmanuelle, la force créative derrière la marque française MALAM, afin d’en savoir davantage sur elle, sa marque et ce que nous réserve la collection printemps-été 2012.
Comment avez-vous trouvé le nom de votre marque ?
Je voulais trouver un nom court, facile à retenir et qui ne signifie rien de particulier en français. J’ai donc simplement mélangé les lettres de mon nom, et voilà !
Quel effet cela vous fait-il de revenir à la London Fashion Week ?
Je suis vraiment ravie de présenter à nouveau la collection. L’année dernière a été une formidable expérience, et je trouve très intéressant de me concentrer sur la création de nombreux nouveaux modèles à la suite, puisque ce n’est absolument pas ma manière de travailler le reste de l’année. Et puis j’adore Londres, donc je suis vraiment heureuse d’y revenir :)
La marque a-t-elle changé depuis votre dernière présentation à Londres ?
La marque elle-même n’a pas changé. Je travaille toujours de la même façon et avec la même vision. Elle continue néanmoins à se développer : depuis le dernier défilé, j’ai gagné beaucoup de nouvelles clientes et constaté un intérêt croissant de la part des boutiques, aussi bien en France qu’à l’étranger.
Quelle est la plus grande difficulté lorsqu’on est créatrice de mode ?
Je pense que, dans ma situation, le plus difficile est de réussir à tout gérer, de la création à la vente, dans le peu de temps que contient chaque journée ! Chaque jour est un nouveau défi :) Plus généralement, il faut également parvenir à se renouveler tout en restant fidèle à son propre style et à sa propre vision.
Quelle est la plus grande difficulté dans la création de pièces uniques ?
J’adore créer des pièces uniques, parce que cela me permet d’utiliser énormément de matières différentes et de fabriquer ce que je veux, au moment où j’en ai envie. Je préfère largement cela au fait de travailler pendant toute une saison avec tels ou tels tissus, puis d’en changer la saison suivante, et ainsi de suite…
J’aime n’avoir qu’une seule ligne, oublier un modèle puis le refaire quelques mois plus tard d’une façon totalement différente parce que j’ai suivi une autre inspiration, utilisé d’autres matières, couleurs ou fournitures…
La véritable difficulté est de choisir la taille dans laquelle je vais réaliser la pièce. Je dois en quelque sorte deviner la taille de la personne qui la verra, l’aimera et voudra l’acheter :) Bien sûr, je fais également beaucoup de sur mesure, et créer une pièce pour quelqu’un est très intéressant parce que je dois interpréter les souhaits et les besoins de la cliente à travers ma propre vision.
En quoi le fait de vivre en France a-t-il influencé votre marque ?
La France est formidable pour trouver des matières vintage et anciennes ; il y a tellement d’occasions de dénicher de nouveaux trésors… Et c’est la base de mon travail. À part cela, être en France m’aide certainement à exporter mes créations à l’étranger : ce doit être le « charme français » :)
Vous avez passé une partie de vos vacances dans le château de votre arrière-grand-mère. Pensez-vous que cela ait nourri votre goût pour les vêtements historiques et les contes de fées ?
J’y ai passé presque toutes mes vacances pendant les seize premières années de ma vie, avec mes nombreux cousins… Alors oui : être entourée de vieux portraits élégants, de meubles anciens, de l’odeur un peu poussiéreuse des placards et des vieux livres, chercher sans fin des pièces secrètes que nous n’avons jamais trouvées, nous déguiser avec les vêtements extravagants d’une vieille malle, avoir un peu peur dans les couloirs étroits et sombres… C’est probablement de là que cela vient !
Vous avez expliqué être inspirée par les histoires pour enfants. Quel est votre plus beau souvenir d’enfance ?
Je peux vraiment dire que j’ai eu une enfance heureuse, il y a beaucoup trop de merveilleux souvenirs pour n’en choisir qu’un :) Mais c’est vrai que lorsqu’on est enfant, l’imagination n’a pas de limites et l’on peut trouver de la magie dans n’importe quoi. C’est ce que j’aime continuer à faire !
Lors de votre dernier défilé à Londres, le groupe Underemployment avait composé spécialement la musique du show. Faut-il s’attendre à la même chose cette année ? Et que peut-on attendre de la nouvelle collection ?
Oui, j’en suis vraiment heureuse, car cela me donne l’occasion de travailler avec des musiciens indépendants. La musique du défilé de l’année dernière correspondait exactement à ce que je voulais ; le travail était formidable et avait été réalisé très rapidement ! D’ailleurs, The Underemployed doit bientôt sortir un EP que j’ai hâte d’écouter :)
Cette année, le style sera assez différent : la musique du défilé sera créée par Niflheim Seele. J’ai hâte…
Les mannequins porteront également à nouveau de magnifiques chaussures de la marque portugaise EJECT. Je trouve qu’elles correspondent parfaitement à l’esthétique de Malam et je suis vraiment reconnaissante pour ce partenariat.
Quant à ce qui sera présenté… disons simplement qu’il s’agira d’un prolongement de la collection permanente, avec la même esthétique mais de nouveaux modèles et de nouveaux tissus… dentelle, féminité, silhouettes à la fois structurées et fluides… Et je suis tellement impatiente de publier les nouveaux modèles qu’il m’est très difficile de les garder pour moi !